lundi 16 novembre 2009

La Californie sous la pluie

Des convives entassés dans la pièce exigüe je ne connais que M. , qu'il faut imaginer jouant du clavier dans un groupe de rock-gothique à Péquin, et à qui j'ai été présenté quelques jours plus tôt lors du concert de Madjive.


Assises sur le clic clac, des étudiantes en psycho parlent de leurs cours, de leurs profs, des filles qu'elles n'aiment pas, de comment elle l'a trop zappé et moi après bein je lui ai fait un grand sourire exprès tu vois et je me sens vieux.

Ou peut-être sont-ce-t-elles qui sont jeunes ? C* est à l'autre bout de la pièce et mon voisin me parle du fils du président. Je me console dans les furtifs entrebâillements que s'autorise le chemisier de la très souriante A.


Plus tôt dans la journée sur le trottoir il fait froid et les quelques regards croisés me rappellent l'incongruité de ma position. Un groupe de cyclistes, un lycéen avec une guitare puis un autre, transportant ce qui semble être une grosse caisse. L'après-midi est triste comme une cour d'école vide.


Autour de moi les conversations s'enchaînent mais je peine à m'intéresser à quoi que ce soit. Je crois que l'hiver ne me réussit pas. Allez, on rentre ?

Madjive - live@maquis

samedi 10 octobre 2009

Sinon The Datsuns c'était bien - version censurée

Je voulais à tout prix les éviter Je n'étais pas convaincu par la nécessité d'arriver si tôt. Ne pas avoir à subir leur bruit nauséabond J'ai ce défaut d'avoir bon goût. Pas besoin de les écouter pour savoir qu'ils étaient à chier intéressants. Suffisait de voir qui les aime. Suffit de voir leur pseudo-succès chez les clochards et autres mollusques décérébrés combien le prolétariat local les tient en estime. Mais voilà les connards de futurs chômeurs prétentieux étudiants qui organisaient la soirée ont tout fait traîner. Surement qu'ils ont entendu dire que c'était cool à la télé. Alors on a dû subir ce trio de baltringues Montbéliard. Comment décrire la nullité ? Le rien ? ce vertige qui me prit alors ? Lourds, débiles Ne laissant que peu de doutes quant à leur origine, sans intérêt, sans originalité, les mêmes accords mille fois rebattus depuis les années 80, la même façon stupide de brailler ils se plaisaient à faire revivre une époque probablement regrettée par certains. Comment peut-on encore faire çà ? Et pourquoi pas ? Le punk en trois accord c'était en 78 mec vous savez, les garçons et les filles. 1978. En Angleterre. Mais sérieux les gars tout le monde traité sur un pied d'égalité. Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu peux bien gueuler ? Si d'aucuns peuvent s'interroger quant à la pertinence du discours Tu veux l'anarchie sur les marchés financiers et le no-future pour l'éco-système pauvre con ?, personne ne peut nier que le néo-libéralisme c'est vachement plus cool que le bonheur ou la liberté. Alors voilà fallait que je te le dise : les Hellbats c'est de la merde quand-même un peu de la merde. Je le dis pour toi qui les aime, tocard montbéliardais. C'est de la merde, et t'as pas juste des goûts de merde, t'es aussi un putain d'inculte, t'as rien écouté dans ta vie, tu connais rien à rien et tu me fais pitié Ça doit pas être facile de venir d'une région culturellement sous-développée. T'es une putain de victime mec Je sais que c'est pas de ta faute, t'es rien qu'une merde mais quand-même tu pourrais faire un effort pour apprendre à lire. Même ton tatoueur t'as arnaqué assistante sociale te l'as dit. Mais crève putain, crève . Tout n'est pas négatif dans le suicide. Fais au moins un truc utile dans ta putain d'existence de parasite s'il te plait. Tu m'as déçu étonné quand tu t'es relevé crevure toi qui n'a pourtant rien d'un apollon. Je pensais pourtant bien que tu bougerais plus ce coup-là. Tu as ouvert ta grosse gueule de babouin ton coeur et montré tes dents. Tu pissais le sang mais t'étais pas crevé. T'es vraiment un raté. Un putain de raté Ton existence seule suffit à battre en brèche les tenants de la théorie de la sélection naturelle. Ta pute de mère et ton alcoolique de père Je ne connais pas tes parents ont surement honte de toi mais ça doit pas être facile tous les jours pour eux. Même à l'usine tu t'es fais virer. Parce-que t'es trop con c'est la faute à la société. T'existes pas, t'es rien. Pas facile de trouver sa place. Tu sers à rien Pas facile de faire son trou. Mais crève putain. Crève Peut-être que tu ferais mieux d'y plonger.

mercredi 7 octobre 2009

Pour quelques poignées de sable

Dans la salle exigüe, assis à une des deux extrémités du C formé pas les tables mises bout à bout, au plus proche de la formatrice je regarde les autres participants. Des dames affectionnant la surabondance de maquillage facial, des visages fermés, des messieurs au contraire ouvertement joviaux, à la façon de ces personnes qui aiment à émailler les repas de famille d'anecdotes et d'interventions sensément humoristiques. D'autres, sans doute par discrétion de caractère, se contentent d'être moches ou de traîner une surcharge pondérale pénible pour les yeux, parfois cumulent les deux. Le manque de classe est général.

Passé le choc initial, suite à la présentation de chacun, je m'interroge. Comment peuvent-ils accomplir les mêmes fonctions que celles qui me sont ou m'ont été dévolues ? Bien-sûr ils ne le peuvent pas. Le manque de culture décelable dans leur expression orale, l'absence de connaissances indispensables, leur apparence, leur attitude, tout ça le rend impossible. Je me sens d'abord insulté par cette situation, sentiment rapidement supplanté par l'humiliation. Je suis assimilé à ces gens.

Rapidement les discussions, réflexions et attitudes des uns et des autres m'amènent au constat que je n'ai absolument rien en commun avec eux. Rien à partager, rien à dire qu'ils pourraient comprendre, rien à entendre qui pourrait me départir de cette sensation de perdre mon temps.

Et puis d'un coup me reviennent à l'esprit les paroles de C* un soir que j'évoquais d'autres spécimens du même acabit : "Tu crois que si tu restes là tu vas devenir comme ça ?"

Cette question ressurgit alors que je fais face à ces gens. Ces gens auprès de qui passer quelques heures m'aura épuisé. Comment seulement pouvoir envisager de les côtoyer, eux ou leurs clônes, des jours, des semaines, des années, à mourir d'ennui en attendant de mourir vraiment ?

Hein ?

dimanche 4 octobre 2009

Les gens du Nord

Pas mal de têtes connues, des poignées de mains et des paroles échangées, tant mieux. Assis au fond une bande de géants ; pas difficile de reconnaître les Norvégiens. Mais nous y reviendrons. Avant eux passaient les vétérans de Lace and Whisky, avec des ex-Munky posse et le guitariste de Welcome to miami au chant. Leur nom vient d'une chanson d'Alice Cooper, ils font du bon vieux hard rock et ne se prennent pas au sérieux. Efficace et sympa comme tout.

A noter que les baskets du guitariste ont été déssinées par Senbei en 1991.

Autant Montbéliard semble ne produire que des groupes de punk pénibles, lourdaux et sans imagination, autant tout n'est pas perdu pour sa voisine pleine de briques et de protestants. Après les fantastiques Blackdays architecture passés ici il y a peu, Belfort nous envoyait ce soir The skeletons fall.

Le hardcore qui va super vite c'est pas vraiment ma musique normalement, mais là rien à dire, ça envoie en live. Un chanteur qui ne tient pas en place, aboie dans son micro, agite les bras, saute partout et tout le temps - si, tout le temps, tu peux vérifier ICI. Vraiment pas mal.

Puis vint le tour des Norvégiens de DOMINIC.


Un batteur énorme, des morceaux toujours originaux, du chant et des hurlements, des riffs et des parties atmosphériques, une musique à la fois mélodique et rentre-dedans... on peut penser à AMALTHEA dans leur approche. Superbe.

Un de leurs nouveaux titres en video juste en dessous, pour vérifier que je ne mens pas :

samedi 3 octobre 2009

Ironie

Il commence à faire froid. Je vais enfiler mon hoodie et partir vers la salle bien connue. Sur le chemin je repenserai, encore, à ce matin. Je n'arriverai pas à me départir de ce sentiment de culpabilité. A l'approche du lieu j'espérerai fébrilement croiser des têtes connues, ou plutôt que l'on reconnaisse la mienne.

Je t'ai dit que je ne voulais pas y aller et tu m'as répondu que je ne comprenais pas, que c'était pas ça le problème, que tu ne voudrais jamais m'obliger à faire quelque-chose que je ne souhaiterais pas. Tu m'as dit que tu t'étais engagée envers Elle et que ça se fait pas, tu m'as dit ça et tu pleurais. Tu pleurais et je ne comprenais pas, en effet. Dans mes bras tu m'as entendu te dire que moi aussi je m'étais engagé, auprès de Lui, et que je ne me voyais pas l'appeler le matin même pour annuler, tu m'as entendu te dire que je ne pouvais pas le laisser y aller seul.

Arrivé sur place je passerai en revue du regard les personnes présentes. Peut-être des mains à serrer. Sinon j'irai au bar et commanderai une bière et baisserai les yeux en pensant à la longue soirée qui m'attend. Trois groupes, deux interruptions qu'il faudra combler. La distro, plusieurs fois sera passée en revue. Des regards fuyants, d'autres bières, le téléphone à consulter dehors.

Des Norvégiens jouent ce soir.

lundi 28 septembre 2009

This is the police

Quand j'avais dit que je m'occupais des places pour The Datsuns, il me semblait clair que le groupe pour lequel j'allais nous trouver des places afin d'assister à une de leur représentation scénique s'appelait - sans équivoque - The Datsuns. Et c'était le cas d'ailleurs. Ils portent slims et cheveux longs et sont coquets des pieds à en juger par leurs très seillantes (*) seyantes bottines de rock&roll accentuant encore leur grandeur naturelle toute néo zélandaise. Pas de doute, c'est bien eux. Mais cinq jours plus tard. Non, là on était vendredi et c'était pas du tout ça ce concert je te l'ai dit, enfin écrit, c'était pourtant clair je comprend pas, non je m'énerve pas, je te dis qu'il y a pas de problème c'est juste que non rien allez-y j'arrive, je vais juste remonter un moment.

Revenu à la surface, des sons étouffés de batterie et de basse parvenaient jusqu'à moi. Assis au comptoir, je restais seul avec ma bière. De toute façon j'étais venu pour le deuxième groupe. Ça va ? Oui ça va c'est juste que... non rien. Rien. Le bar désormais vide nous appartenait. Tes jambes tendues entres nos deux sièges, tes pieds posés sur les miens, attention je glisse et la patronne qui nous regarde, on descend ? pourquoi pas.

En bas sévissaient The real barbers, un chanteur à la voix éraillée et criarde, des morceaux sautillants du fait d'une basse assez funky (bizarrement mélangée avec un son de guitare plus "classic rock"). C'est pas mal, un monsieur secoue sa graisse abondante à ma droite, devant une jeune blonde se prend pour Tigrou et je transpire. Sympa.

Je ne sais plus ce qu'on s'est dit ou s'il s'est passé quelque événement extraordinaire le temps que Josef of the fountain prenne place. Je me rappelle de Josef of the Foutain par contre. Sur leur site j'avais trouvé qu'ils ressemblaient à Bloc party qui aurait Ian Curtis au chant. Je l'avais dit aux autres qui ne voulaient pas me croire.

La vérité c'est que Joseph of the fountain, en live comme en disque, c'est effectivement Bloc party avec Ian Curtis, mais pas seulement. Des mélodies de guitares vraiment catchy, des morceaux nerveux et subtils, une batterie entêtante, on est pas loin du post punk à la Gang of Four et parfois même de la cold wave sur un morceau comme "Fight the blind" (une video live à voir juste en dessous de cet article). Une voix grave et profonde, très maniérée "à l'anglaise", des types sympa, des anecdotes pourries, un panda à la basse que tu voulais adopter, une bonne soirée finalement.

(*) : Un grand merci à Lolo pour la correction !

jeudi 24 septembre 2009

Josef of the fountain -live @ pdz- 18/09/09